« Le confort d’été est une question de santé publique »
« Le confort d’été est une question de santé publique » Rencontre avec Yolaine Paufichet, architecte DPLG, gérante d’Y3 architectes et élue au Conseil national de l’Ordre des Architectes, qui nous parle rénovation énergétique et qui rappelle qu’il faut aussi l’appréhender en fonction du confort d’été Technic’baie : Quelle est la place de la rénovation énergétique en 2023 ? Yolaine Paufichet : La rénovation du parc bâti est indispensable quand on sait qu’aujourd’hui, 80 % de la ville de 2050 existe déjà et qu’il y a plus de cinq millions de passoires thermiques. Elle fait partie des solutions pour faire face aux différentes crises que nous traversons telles que le réchauffement climatique, la pénurie des ressources ou encore la crise énergétique, avec l’objectif d’une décarbonation d’ici 2050 Technic’baie : Comment l’envisager ? Y.P. : Il faut avant tout rappeler que si l’on prend le secteur du bâtiment dans son ensemble, un tiers des émissions de gaz à effet de serre est lié à la construction ou à la rénovation alors que deux tiers sont dus à l’usage. Ce n’est pas juste l’action de rénover – ou de construire – qu’il faut étudier mais aussi la façon dont chacun utilise les bâtiments. Il faut avoir une vision globale afin d’avoir la meilleure réponse possible par rapport à l’usager et à la pérennité de la rénovation. D’où, par exemple, la communication faite cet hiver sur l’importance de ne pas mettre son chauffage à plus de 19°C, participant à ne pas entraîner de surconsommation énergétique. Mais si on regarde la question de l’usage, cela implique ensuite un travail à faire sur le bâti existant. Car pour baisser son chauffage à 19°C, il faut avoir un logement performant thermiquement. Technic’baie : Comment faut-il s’y prendre concrètement ? Y.P. : Il faut penser rénovation globale, impérativement. Ce sera plus performant et plus efficace qu’une rénovation par étapes. Il y a de nombreux points à prendre en compte. L’isolation des sols, des murs et des plafonds, la ventilation du bâti, les menuiseries extérieures, la qualité de l’air… Changer les fenêtres sans penser à l’isolation ne règlera qu’une partie du problème. Si l’on saute les étapes, comme réfléchir à comment améliorer la qualité de l’air du logement ou modifier la ventilation existante, on risque d’enclencher des pathologies dans le bâtiment. D’où le besoin d’une vision globale. « Il faut impérativement créer un écran solaire. Naturellement, en plantant des arbres devant les façades, ou en utilisant des protections solaires. » Technic’baie : Rénovation énergétique rime souvent avec protection contre le froid. Qu’en est-il du confort d’été ? Y.P. : Il est primordial. C’est même une question de santé publique, la canicule de 2003 en est un exemple flagrant. La RE 2020 l’a bien compris, avec pour la première fois la prise en compte du poids carbone des bâtiments et celle de confort d’été. Face au réchauffement climatique, il faut avant tout se protéger du chaud. Nous prônons une rénovation énergétique bas carbone et low tech, avec pour objectif d’utiliser le moins de systèmes possibles. Et faire travailler l’usager ! N’oublions pas que le simple fait d’ouvrir une fenêtre la nuit permet d’aérer efficacement le logement et d’améliorer la sensation de frais dans la journée. Technic’baie : Justement, en journée, comment limiter l’apport de chaleur et donc le recours à la climatisation, très énergivore ? Y.P. : Au-delà de la ventilation du logement, garante d’une température plus modérée, il existe deux leviers majeurs. D’abord, en matière d’isolation thermique, il est primordial de parler de déphasage quand on évoque le confort d’été, c’est-à-dire la capacité d’un matériau à restituer dans le temps plus ou moins long la chaleur. Plus le matériau utilisé mettra de temps à la restituer, moins il fera chaud dans les logements. Le confort d’été n’est pas assez considéré en rénovation. Aujourd’hui, le prisme des matériaux biosourcés offre des déphasages importants et excellents en termes de confort d’été comme la fibre de bois, les ballots de paille ou les projections en béton de chanvre. Ensuite, il faut impérativement créer un écran solaire. Si cela est possible, naturellement, en plantant des arbres devant les façades, et notamment celles orientées plein sud. Mais aussi en utilisant des protections solaires extérieures. BSO, persiennes, stores… Leur efficacité n’est plus à prouver, et les habitants du sud de la France le savent bien ! C’est également la solution pour les façades qui peuvent être compliquées à rénover du point de vue du respect architectural. Avec les bâtiments haussmanniens, par exemple, on ne pourra pas œuvrer directement sur la façade. Le recours aux protections solaires pourra être une bonne solution pour limiter les apports solaires pendant les journées de fortes chaleurs. Technic’baie : Les pouvoirs publics ont-ils intégré le lien entre rénovation énergétique et confort d’été ? Y.P. : Des concertations existent avec des associations et le gouvernement. Le message est clair: la question du confort d’été est essentielle, et notamment du point de vue de la santé. De nombreux bâtiments sont à la traîne, notamment dans le secteur de la santé, comme les Ehpad, les hôpitaux ou encore les maisons de santé. Il n’y a pas, aujourd’hui, de réglementation, et nous ne pouvons pas dire s’il y en aura une dans les années à venir. Mais les pouvoirs publics sont alertés. Reste à savoir si la manière d’y répondre sera adaptée. Julie Poitier-Canet, Technic’baie, le 19/07/23
Pourquoi une pergola bioclimatique ?
Pourquoi une pergola bioclimatique ? La fonction principale de la pergola bioclimatique est de protéger un espace extérieur – une terrasse, un patio, une cour, un jardin, une piscine… – du soleil et de la chaleur mais aussi, plus largement, de toutes les intempéries – vents, pluie, neige – tout en assurant une ventilation naturelle. Grâce à LA pergola bioclimatique, l’on peut profiter au maximum de sa terrasse, et surtout plus longtemps dans la journée et dans l’année. Grâce aux lames orientables et à leurs positions réglables à volonté, les pergolas peuvent à la fois bloquer efficacement les rayons du soleil en été et les laisser passer en hiver de manière à optimiser les apports de chaleur à l’intérieur de la maison. Elles permettent aussi une ventilation naturelle extrêmement agréable et efficace qui permet de créer des espaces frais et pleins de confort. Elles s’adaptent ainsi parfaitement aux saisons. Un autre avantage : elles protègent leurs usagers mais aussi le mobilier, donc plus besoin de le rentrer systématiquement à la fin de l’été. Un vrai plus à l’heure où les Français consacrent un budget de plus en plus important dans l’achat de leur mobilier de jardin. Par ailleurs, contrairement aux stores dont la retombée sous toiture peut « tasser » la terrasse, les pergolas, permettent de conserver une belle hauteur sur toute la largeur de cette dernière, et leur complet manque d’entretien donnent une tranquillité considérable. Les pergolas sont une extension de l’espace extérieur et donnent un meilleur confort de vie à l’extérieur, tout en augmentant aussi les m2 habitables.
Confort d’été et rénovation des bâtiments
Confort d’été et rénovation des bâtiments 50°C à Paris… Des températures qui paraissent aberrantes, et pourtant… Les projections du Giec indiquent que la capitale française pourrait faire face à trois fois plus de canicule d’ici 2050. Face à une réalité qui nous rattrape plus vite que ce que certains pensaient, la mission d’information et d’évaluation du Conseil de Paris « Paris à 50 degrés : s’adapter aux vagues de chaleur » a remis son rapport à Anne Hidalgo, maire de Paris. L’objectif : 85 mesures proposées visant à ne pas faire de la Capitale une ville inhabitable à moyen terme. Parmi ces propositions, on peut lire que « la rénovation et construction neuve du bâtiment misent sur les solutions passives pour réduire efficacement et de manière vertueuse la chaleur ». Ainsi, avec l’État, la Région et la Métropole, le rapport propose de réviser les normes de rénovation et de construction neuve pour intégrer le confort d’été en favorisant les solutions dites low-tech comme alternatives à la climatisation. Il s’agit ainsi de ventilation naturelle, d’occultants, de logements traversants, d’isolation bio-sourcée… Il est aussi préconisé d’interdire les climatiseurs rejetant de l’air chaud dans les rues. L’accent est particulièrement mis sur les établissements scolaires, le rapport appelant à amplifier leur rénovation et leur réhabilitation afin de protéger les élèves et le personnel éducatif des canicules démarrant de plus en plus tôt dans la saison. Hervé Lamy, délégué général du Groupement Actibaie, donne pour exemple la ville de Poissy, « qui a été précurseur sur le sujet en équipant une quinzaine d’établissements scolaires de stores automatisés. En période caniculaire, la température intérieure enregistrée est inférieure de 10°C par rapport à l’extérieur ». Pour lors en cours d’examen, les recommandations proposées pourront être intégrées à deux textes actuellement révisés par l’exécutif parisien : le plan local d’urbanisme (PLU) et le Plan climatique, présentés au conseil municipal en juin et juillet prochains. « Nous ne pouvons que saluer les élus de la MIE, la première instance politique à considérer le confort d’été dans la rénovation thermique du bâtiment non comme un luxe mais comme une réelle nécessité pour garantir la santé des parisiens, a indiqué Hervé Lamy. Nous espérons que cette première étape incite l’exécutif à étendre ce droit à tous les Français. » Voir aussi : Rénovation et confort été : la nécessité d’une approche systémique
MaPrimeRénov’ : les barèmes 2025 dévoilés
À compter du 1er janvier 2025, de nouvelles règles s’appliqueront pour MaPrimeRénov’. À noter : la baisse des aides pour le chauffage bois, et la stabilisation des forfaits pour les pompes à chaleur et les travaux d’isolation.
Absence de budget 2025 : des inquiétudes pour MaPrimeRénov’
Dans une interview accordée au Figaro, Valérie Létard, ministre déléguée au Logement, alerte sur le fait que l’absence de loi de finances 2025 pourrait rallonger les délais de paiement des dossiers MaPrimeRénov’ déposés après le 1er janvier 2025.