Réforme de MaPrimeRénov’ : le gouvernement mise sur les rénovations globales
Réforme de MaPrimeRénov’ : le gouvernement mise sur les rénovations globales Plus de rénovations globales, revalorisation des barèmes, ouverture des aides au confort d’été, Mon Accompagnateur Rénov’… le gouvernement présentait ce mercredi les contours de la réforme qui concernera MaPrimeRénov’ à compter du 1er janvier 2024. Le point sur les nouveautés. Le gouvernement a dévoilé ce mercredi les nouveautés qui seront apportées à MaPrimeRénov’ à compter du 1er janvier 2024. 200 000 rénovations globales par an plutôt que des rénovations « par geste » Parmi les grandes nouveautés : l’éviction des rénovations par geste au profit des rénovations globales pour les passoires énergétiques (étiquettes F et G du DPE). L’objectif étant de parvenir à 200 000 rénovations globales par an (contre 10 % des logements aidés par MaPrimeRénov’ actuellement). Concrètement, le ministère de la Transition écologique explique qu’il y aura deux cas de figure, ou « parcours » : une rénovation globale d’ampleur pour les passoires énergétiques, incluant des travaux d’isolation, de changement de fenêtres, et/ou de mode de chauffage. Et un deuxième parcours pour les logements mieux isolés, pour passer vers un mode de chauffage plus décarboné (pompe à chaleur, raccordement à un réseau de chaleur…). L’objectif : « accélérer la dépose des chaudières fioul et gaz », selon le ministère de la Transition écologique. Par conséquent, il n’existera plus d’aide isolée dédiée à un seul geste d’isolation par exemple. « Ce qu’on essaie de faire, ce sont des rénovations qui soient de plus en plus cohérentes, et donc il y aura une aide s’il y a plusieurs gestes qui seront réalisés. Cela peut être plusieurs gestes d’isolation, mais cela veut dire qu’on ne peut pas faire qu’une seule chose. Il faudra un bouquet de travaux cohérent. L’idée c’est que cela se voit le plus vite possible sur la facture des ménages, et que cela permette d’avoir des rénovations qui ont un vrai sens économique », précise le ministère. Pour les rénovations globales des passoires énergétiques, les ménages seront obligatoirement accompagnés par un Accompagnateur Rénov’ (MAR), pour lequel l’aide va être augmentée. « Cet accompagnement sera mieux financé. Aujourd’hui, il est financé autour de 600 à 1 000 €. Désormais, il le sera sur la base d’un forfait à 2 000 € pris en charge à 100 % pour les ménages très modestes, à 80 % pour les ménages modestes, 40 % pour les ménages intermédiaires, et 20 % pour les ménages aux revenus supérieurs. Et jusqu’à 4 000 € dans les cas de traitement de l’habitat indigne », détaille l’entourage du ministre délégué au Logement. Une revalorisation des barèmes, et l’ouverture des aides au confort d’été Autre annonce importante : la hausse des barèmes et de la prise en charge, qui montera jusqu’à 70 000 € (contre 35 000 € actuellement), et à 90 % de prise en charge pour les ménages les plus modestes, en cumulant MaPrimeRénov’ avec les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). L’Éco-PTZ, reconduit jusqu’en 2027, pourra toujours venir aider les ménages à financer ce reste à charge. « On soutient très fortement l’acquisition de pompes à chaleur (PAC) par les ménages, en particulier les PAC Air/Eau, et les pompes à chaleur géothermiques, avec une augmentation de 1 000 à 2 000 € des barèmes pour les ménages aux revenus modestes et intermédiaires », souligne l’entourage d’Agnès Pannier-Runacher. Autre nouvelle qui devrait ravir les fabricants de pompes à chaleur Air/Air, de ventilateurs, et de stores et autres brise-soleil : l’ouverture des aides MaPrimeRénov’ au confort d’été, avec un soutien à ces différents équipements, visant à lutter contre les « bouilloires thermiques ». « Sur les travaux de type confort d’été, ce seront des travaux par exemple sur les pompes à chaleur Air/Air, qui permettent de rafraichir le logement, sur des ventilateurs, ou sur des protections solaires », énumère l’entourage de la ministre de la Transition énergétique. Concernant les CEE, l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) récupère également leur valorisation dans le résidentiel, sous couvert de « simplification », privant ainsi les délégataires de CEE (Hellio, Sonergia, Effy…) de cette fonction. Grâce à cette nouveauté, les ménages ne déposeront plus qu’un seul dossier pour leur demande d’aide MaPrimeRénov’ et CEE. « Cette avancée en termes de simplification du parcours usagers implique que l’ANAH valorise seule les aides CEE pour tous les ménages qui voudraient bénéficier d’une aide MaPrimeRénov’ pour les rénovations d’ampleur. Les délégataires de CEE pourront continuer de valoriser d’autres fiches CEE, d’autres actions d’économies d’énergie dans le secteur du bâtiment, ou dans les autres secteurs qui donnent droit à des aides, par exemple au covoiturage dans le secteur des transports », a expliqué le ministère de la Transition écologique. Claire Lemonnier, Batiweb
Une page se tourne pour le Palais des Congrès de Royan

Une page se tourne pour le Palais des Congrès de Royan À Royan, ce sont les deux agences d’architectures, l’Atelier Ferret Architectures et Chatillon Architectes, qui ont uni leurs forces pour un projet des plus délicats : la réhabilitation du Palais des Congrès. Un bâtiment emblématique, témoin d’une époque, nécessitant un remaniement complet. Après un travail de longue haleine à la fois minutieux et ordonné, les lieux sont ressuscités. Il a fallu quatre ans pour que le Palais des Congrès de Royan retrouve son lustre d’autrefois. Il s’agit non seulement d’une réhabilitation, mais aussi d’une restitution menées en tandem par l’Atelier Ferret Architectures et Chatillon Architectes. Le but : retrouver la richesse architecturale du bâtiment – endommagé par plusieurs interventions depuis sa construction – et retrouver sa vocation programmatique, tout en mettant l’ensemble aux normes actuelles de sécurité, d’accessibilité et de confort. Une opération méticuleuse pour un programme de restructuration comprenant l’installation en rez-de-mer d’un Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine (CIAP). Royan, une station balnéaire rebâti selon les principes modernes Pour de nombreuses personnes, la ville de Royan est une ancienne station balnéaire réputée détruite par des bombardements alliés, lors des combats de la Libération. Les traces de la période de l’avant-guerre y restent rares. Mais Royan est aussi une ville bâtie selon les principes du mouvement moderne et contient le premier Palais des Congrès de France conçu en 1957, par les architectes Claude Ferret, Adrien Courtois et Pierre Marmouget. Intervenir sur un tel édifice nécessite une expertise et un savoir-faire mais aussi une connaissance accrue du contexte, de l’histoire du lieu et de son architecture. Une double orientation retrouvée, une transparence entre les deux façades principales L’Atelier Ferret Architectures et Chatillon Architectes ont l’habitude de travailler sur des projets complexes ont réussi la véritable restitution du volume architectural des années cinquante. Ainsi, la distribution initiale du bâtiment est retrouvée grâce à l’enlèvement des adjonctions postérieures, notamment de l’extension « Cube », qui datait des années 70, et des dalles côté nord. Ce qui a permis la redécouverte des volumes originaux au fur et à mesure du chantier. Par ailleurs, la dépose de la façade – donnant vers le sud et datant des années 80 – et le rétablissement de l’accès côté nord et de la marquise métallique, ont permis de retrouver l’ancienne vue et de reconnecter l’édifice avec le reste de la ville. L’intérieur de l’édifice a subit moult changements, dont la libération des doubles et triples hauteurs qui ont permis de renouer avec les effets de transparence souhaités par les concepteurs. Grâce à sa double orientation retrouvée et à la transparence de ses deux façades principales, la vocation initiale du Palais des Congrès est réaffirmée. Mis à part son rôle d’origine, l’endroit devient un lieu de rencontres, de contemplation et d’interface entre mer et terre. Les architectes ont veillé à garder intact la fresque de Nadu Marsaudon, commandée à l’époque et qui occupait le « Cube » aujourd’hui démoli, en lui réservant un nouvel espace de création doté d’un mur en triple hauteur. L’histoire a été préservée, l’œuvre sauvée et l’architecture magnifiée. Les architectes nous rappellent que la forme particulière du bâtiment résulte d’une recherche de plan libre et d’une idée de promenade architecturale entre intérieur et extérieur à travers des volumes simples. De même, les différents parvis et planchers, sont desservis par des escaliers disposés de manière à accompagner le visiteur, le pousser à la découverte de l’édifice et des panoramas qu’il offre sur son voisinage. Chatillon Architectes et l’Atelier Ferret Architectures ont travaillé main dans la main, avec beaucoup d’échanges et de concertation pour un résultat remarquable. Le Palais des Congrès de Royan a retrouvé ainsi son lustre ! Sipane Hoh, Batiweb